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L'AstronomeL’Astronome
24 mars 2100, quelque part dans les arsenaux de Titanium. Autrefois désert, le satellite de Saturne dénommé Titan est désormais balafré par une installation terrienne occupant un carré de mille kilomètres de côté. Deux millions de personnes la peuplent à tout instant. Etant en service actif pour la Confédération Humaine, ils y restent deux mois puis ils bénéficient de deux mois de vacances qu’ils passent toujours sur Terre. Pendant leurs séjours, ils peuvent profiter de la trentaine de parcs à leurs dispositions, de la vingtaine de bibliothèques, de théâtres, de cinéma, de salles de sports. Leurs appartements sont spacieux et disposent de tout le confort disponible, notamment les derniers modèles de générateurs de gravités. Ils passent toutefois de quatre à six heures à travailler, chaque jour. On y construit, en ce moment, une vingtaine de vaisseaux allant des catégories trois à six. _ Tour de contrôle…. Tour de contrôle… Demande autorisation d’atterrissage… _ Accordé, navette colibri Sélène 0001C. Plate-forme secteur Nord, s’il vous plaît Pour gagner de la place et minimiser le casse-tête de la sécurité, seuls quatre lieux servent aux transits des personnes et de la plupart des matériaux et vivres nécessaires. A tout instant, une vingtaine de navettes vont et viennent. Le petit engin pénètre dans l’atmosphère dense et tourmentée du corps céleste. Le pilote s’attelle à ne pas trop dévier de sa route. Il veille à éviter les grosses cellules nuageuses pleines d’hydrocarbures qui pourraient sérieusement compliquer la fin du vol. Une dizaine de minutes plus tard, toutefois, il pénètre dans la zone sécurisée de Titanium. Un gigantesque bouclier protège toutes les infrastructures des pluies de méthanes, des vents, d’éventuelles comètes et autres agresseurs. L’humanité est certes en paix avec elle-même et avec les peuples extranéens connus mais elle n’est pas dupe. Elle sait très bien qu’un jour, elle rencontrera des adversaires avec qui le dialogue sera impossible. En conséquences, les technologies d’armements sont, sans cesse, améliorées mais ne servent plus à tuer d’autres terriens. Les fusils, canons, chars d’assauts, avions de chasses, grenades, armes atomiques, missiles balistiques, hélicoptères n’existent plus que dans de rares musées de la folie passée des hommes. Les boucliers protègent aussi bien les personnes (lors des sorties dans l’espace) que les vaisseaux spatiaux, les infrastructures, les villes et les planètes (Terre, Iramia et Tia’Tura). L’essentiel du temps, ces protections empêchent les destructions liées aux cailloux errant dans l’espace. Quant aux armes offensives, elles existent mais elles sont plus ou moins passées sous silence. Il n’y a guère que les Affaires spatiales et les fonctionnaires du futur Collectif Milky Way qui savent de quoi il en retourne et ce, pour toutes les civilisations.concernées. Sous ce bouclier, l’atmosphère est celle de la terre. Dés la troisième année des travaux, on a commencé à installer de petites centrales de collectes d’hydrocarbures et de séparation du carbone et d’hydrogène. Le premier élément étant transformé en fibre de carbones ultra résistantes tandis que le second est recombiné à de l’oxygène en vue de fabriquer de l’eau. Pendant très longtemps, toutefois, l’atmosphère respirable se trouvait confinée aux seuls lieux de vies situés sous d’épaisses cloches transparentes que le pilote de l’appareil aperçoit en ce moment. Les zones d’atterrissages et décollages se trouvent à une cinquantaine de mètres au-dessus du sol artificiel. Il y en a six dans chacun des spatioports de Titan. Sans qu’il ait le temps de gamberger, le pilote voit l’une de ces cloches transparentes s’ouvrir. Il s’engouffre dedans. Il s’est à peine posé que la cloche s’est déjà refermée. Les portes du véhicule de poche s’ouvrent. Dix personnes en descendent. Sven Erik Esveriksson, le grand orateur de la Confédération Humaine est de ceux-là. Il mesure près de deux mètres vingt. Il est né, en 2044, à New Reykjavik, en Nouvelle-Islande. Ces parents étaient membres de l’expédition qui découvrit par inadvertance, Iramia et Tia’ Tura, nos planètes de la constellation du Centaure. Rapidement, les quinze islandais décidèrent de fonder un petit village, au cœur d’un des plus beau site de Tia’ Tura. Sans attendre, le groupe se dirige au centre de la plate-forme où ils posent les pieds sur un cercle plat. Celui-ci se met à vibrer lorsque tous sont immobiles. Il s’agit d’un monte-charge. Prévu pour transporter plus d’une centaine de tonnes à la fois, il n’a pas de peine à supporter les quelques huit cent kilogrammes actuels. Trois minutes plus tard, tout le monde marche dans le vaste hall d’accueil du spatioport. Une certaine activité y règne. D’un côté, on s’attelle autour d’un chargement de minerai en provenance de Cérès. Ailleurs, des tonnes de fruits et légumes terriens sont chargées à bord de quelques trains parcourant les installations. Quelques individus s’approchent du groupe. _ Grand orateur…. Chers conseillers…. Bienvenue… L’Astronome n’attends plus que vous. L’équipage est déjà à bord. On accélère alors le pas. Ils quittent le spatioport par une porte assez large pour laisser passer une dizaine de personnes, côte à côte. Ils débouchent sur un vaste couloir qui se perd à perte de vue. De part et d’autres, de vastes baies vitrées offrent une vue imprenable sur l’un des nombreux jardins qui agrémentent Titanium. Toutes les trentaines d’enjambées, une fontaine de cinq mètres de large égayent ces hauts lieux de pierres et de cristal. De ci, de là, une ombre furtive se laisse deviner. Aussitôt, un chant mélodieux retentit. Des milliers d’oiseaux peuplent les espaces verts. Quelques fois, ils se hasardent dans les couloirs. _ Un peu de vie, ici ? _ Ce n’est pas pour me déplaire. C’est un endroit magnifique mais qui ne fait que nous rappeler que nous ne sommes pas sur Terre. Ils croisent une personne qui remet une série de dossiers en papiers au Grand Orateur…. _ Voici les données concernant les trois vaisseaux commandés. _ Merci, je les attendais avec beaucoup d’impatience. Je les compulserais avec attention, plus tard….. Le décollage est prévu pour quand ? _ Le treize juillet à midi, temps universel. _ Très bien. Gageons que rien ne vienne gripper les préparatifs. L’émissaire les quitte, immédiatement, d’un pas pressé. Le groupe bifurque sur la droite où les attends une navette similaire à nos tramways. Ils pénètrent dans le transport, sans que la présence du Grand Orateur ne déclenche d’émeutes ou d’hystéries particulières. Plusieurs minutes plus tard, l’engin avance à vitesse modérée. Régulièrement, il effectue des arrêts où montent et descendent de nombreux travailleurs qui vont ou reviennent de leurs lieux de travails. De temps en temps, des groupes de jeunes adolescents ou d’adolescentes se font remarquer par leurs présences espiègles et par leurs éclats de rire. Le haut fonctionnaire a commencé la lecture des rapports en sa possession. Rapidement, il connaît les mensurations des trois monstres de technologies et les coûts estimés de leurs constructions.
Les longueurs, largeurs et hauteurs sont exprimées en mètres tandis que les coûts de productions sont en équivalent crédit humain. Un crédit vaut un dollar et demi. Cette équivalence fût créée en 2025 pour pouvoir établir des prévisions sur les énergies employées pour mener à bien ces projets et pour établir des comparaisons. Ces trois monstres ont occupés plusieurs centaines de milliers d’individus, pendant plus de quinze ans. Le trajet durant près d’une heure, le Grand Orateur a largement le temps d’éplucher les premières pages de ce rapport. Il y apprend la présence d’une vingtaine de technologies inédites. Plusieurs d’entre elles valent le coup d’œil. L’Absorbeur de G est celle qui le frappe le plus. Placés sur la coque en de multiples endroits, ils prennent la forme de boîtiers énergétiques qui aspirent les pressions exercées par l’accélération et le freinage de l’engin. Les tests effectués, dans un relatif anonymat, il y a quelques temps de cela, dévoilèrent leurs efficacités et leurs utilités. Dans le même temps, il convertit ces forces en énergies qu’il répartit dans le vaisseau, soit pour soulager les moteurs, soit pour prêter mains fortes aux systèmes électriques. Une annexe informatique l’attend, en ce moment même, sur le cristal central de « l’ordinateur » occupant son vaste bureau. Immédiatement après, il s’interroge sur la nécessité des trois ou quatre répartiteurs de gravités, présent sur chacun de ces trois engins. Auparavant, il n’en avait jamais entendu parler. Et pour cause, ce sont les premiers vaisseaux à en avoir un si grand besoin. Un peu plus tard, il s’attarde sur le descriptif d’une partie de L’Astronome : la cloche. Il s’aperçoit qu’elle nécessita de gros moyens. Malheureusement pour lui, les documents ne lui révèlent pas réellement son utilité. Le transport marque son dix-septième arrêt. Le groupe descend. Ils rejoignent le couloir principal, situé à vingt mètres de la station. Ils le longent sur une centaine de mètres où ils peuvent contempler des jeux de couleurs qui évoluent le long des mûrs, comme le ferait une forme de vie, tout en formant des figures, des symboles, des tableaux. _ La plate-forme de construction numéro sept est de l’autre côté de ces mûrs colorés. Cent mètres de plus, ils peuvent franchir une porte. L’engin les toise de toute sa hauteur. _ Mazette. _ Et attendez de voir, l’intérieur. L’Astronome trône à quelques mètres du sol. Jamais il ne le touche. Et pour cause, la coque de l’appareil est truffée d’aéro-stabilisateurs, dont certains sont visibles par les visiteurs, qui calculent la distance qui les sépare des parois de l’installation qui, elles aussi, sont parsemées par cette technologie. _ Les parois ne sont pas lisses ? _ Non, elles permettent une meilleure récupération d’énergie via la multitude de cristaux que l’on devine par leurs scintillements. Tous sont reliées aux différents organes de l’appareil qui est, comme vous pouvez bien vous en douter, vorace en énergie. _ Pourquoi ? Qu’est-ce qui le différencie des autres ? _ Vous allez voir. Par communicateurs interposés, il demande l’ouverture de la soute. Une passerelle s’avance jusqu’au sol. Le groupe l’emprunte d’un pas rapide. Ils débouchent sur ce qui ressemble à un garage. Une dizaine de navettes et de petits vaisseaux de catégories 1 et 2, peuvent y prendre place. _ Il y a trois autres garages, comme celui-là. Un par niveau. _ Par niveau ? _ Oui, vous allez voir. Ils traversent d’un pas léger, le hangar d’accueil avant d’escalader l’équivalent de trois étages terriens puis de franchir une simple porte. De l’autre côté, le sol est constitué de petits gravillons. De chaque côté, de cette voie large de trois mètres environ, des thuyas tentent de cacher le mûr peint qui sépare la partie de vie et les garages. Mais les yeux de nouveaux arrivants, parcourent ce qu’il y a devant eux. De l’herbe, des arbres, des forêts, des pâturages, des rivières, des ponts de pierres… _ Voilà pourquoi tant de mystères ? _ Et oui, les vaisseaux spatiaux ne servent pas uniquement à se rendre sur d’autres mondes, ce sont des lieux de vies qui méritent un soin particulier. Je pense que les équipages se sentiront rapidement, comme chez eux. Nous avons mis les petits plats dans les grands. Il les invite à s’avancer d’une centaine de mètres. Un petit train les attend au sommet de la colline. _ Embarquez, s’il vous plaît…. On a encore beaucoup de chemin à faire pour atteindre la cloche. Tout le monde confortablement assis, la petite navette à l’ancienne s’avance. Elle ne repose pas sur des rails mais, comme ses homologues à l’allure plus moderne, elle lit la trajectoire à suivre grâce à la présence de cristaux spéciaux placés sur l’itinéraire. Le transport va parcourir de nombreux kilomètres à travers les paysages reconstitués et les petits villages éparpillés. Comme toutes les choses ont une fin, le convoi traverse une autre paroi. _ Et maintenant ? Le train fait une halte. _ On grimpe. Au même moment, le sol qui les supporte s’élève, à grande vitesse. _ Ne faîtes pas ses yeux là, ce n’est qu’un monte-charge après tout. Bien utile, lorsqu’il s’agit de transporter vers les étages supérieurs, plusieurs centaines de tonnes de matériels, à la fois. _ Les moteurs sont derrière cette cloison. Il montre la cloison en question. Certains des passagers sont de plus en plus inquiets. _ Pas de soucis, je vous pris de me croire. Si jamais un monte-charge avait un souci, il serait aussitôt stoppé par un des boucliers que l’on a placés à cet endroit. _ Si ça flambe ? _ Impossible, aucun matériau n’est combustible et je ne parle pas de la technologie. Ils arrivent au palier supérieur mais continue leurs grimpettes. _ Nous sommes au deuxième des quatre niveaux. _ Ce n’est pas un peu long pour se rendre jusqu’au cockpit ? _ L’Astronome n’est pas à proprement parlé, un vaisseau ordinaire. Ici, la notion du temps est complètement différente. _ Et les deux autres vaisseaux ? _ Ils sont identiques à celui-ci mais plus petits. Enfin, au quatrième palier, le monte-charge stoppe. La navette reprend sa route. Elle traverse l’Astronome sur toute sa longueur, tantôt en longeant une rivière, tantôt en escaladant des collines, tantôt en les contournant. Finalement, le terminus stoppe tout ce petit monde. Immédiatement, on évacue le petit engin pour se diriger d’un pas rapide vers la cloison la plus proche. Celle-ci semble, à première vue, dénuée d’intérêts et pourtant, le petit chemin qu’ils empruntent fonce contre cette paroi. _ Que fait-on là ? Une porte s’ouvre. _ On monte. Tous entrent dans ce vaste ascenseur, prévu pour accueillir une trentaine de personnes à la fois. Quelques haut-parleurs diffusent des morceaux de musiques en vogue actuellement. Les deux kilomètres et demi seront parcourus en moins de huit minutes. Les mûrs de la cabine sont truffés de plans interactifs du vaisseau. Une ou deux fenêtres montrent des images de la Terre et de ses paysages somptueux. Les passagers quittent l’ascenseur pour la gigantesque salle de contrôle dont la principale attraction ne tarde pas à attirer les regards. Une imposante verrière occupe les faces situées à l’avant du vaisseau et le plafond. La matière translucide n’est pas du verre mais une sorte de fibres de carbone ultra légères. Une multitude d’appareils de contrôle ornent la vingtaine de postes de travail. Au centre de la pièce, trois postes circulaires remarquables ne manquent pas d’attirer l’œil. _ Ils sont destinés au Commandant de l’Astronome, au responsable de la mission et à son adjoint. _ Pas de problème. _ Pour l’heure, ils nous accueilleront….. Prenons place, s’il vous plaît, nous devons entamer les tests. Tous se mettent à une place, tout en veillant à ne pas se bousculer. Une fois ceci fait, le Grand Orateur appelle la tour de contrôle. _ Autorisation de décoller, Sentinelle de l’air. _ Accordé, L’Astronome. Nous avons un créneau d’une demi-heure. _ Bien reçu, Sentinelle. Trois secondes plus tard, l’officier testeur de pont lance un ordre qui clôt l’attente impatiente des milliers de personnes ayant œuvré à la construction de l’appareil. _ Allumez les moteurs. Aussitôt, un index lança une procédure qui allait en surprendre plus d’un. L’opérateur contrôle le bon fonctionnement des opérations. Un enchaînement irréversible se met alors en place. Les batteries de l’engin s’ouvrent pour déverser des quantités phénoménales d’énergies. Pour être activés, ses engins requièrent dix plus d’énergies que ce qui fût engloutis par notre civilisation, durant toute l’année 2009. Les flots énergétiques suivent les tuyaux isolants que l’on a construits pour eux avant de rejoindre les organes qui en ont un si grand besoin. Envahis par ce flux, les énormes moteurs ne tardent pas à se mettre en route. Avec une puissance inégalée à ce jour, ils montent en régime rapidement. Les sismographes placés sur la surface de Titan détectent une activité anormale au bon milieu des arsenaux. _ Tour de contrôle. Ici, le Centre de Suivit des Activités Naturelles de Titan. On détecte un séisme de plus en plus important au niveau de la plate-forme de construction numéro sept. _ Merci. On est au courant. Les mûrs, les vitres, les meubles tremblent sur une trentaine de kilomètres à la ronde mais rien ne sera cassé. Les installations ont été conçues pour concevoir de tels monstres. _ Il semble que L’Astronome en est la cause. Ses moteurs ne sont pas encore à pleine puissance mais cela suffit pour faire trembler tout ce qui l’entoure. Cela ne devrait plus durer bien longtemps, les aéro-stabilisateurs sont en train de se déconnecter les uns des autres. Les attaches mathématiques sont toutes désactivées. L’engin est libre de s’élever et c’est ce qu’il fait. L’ensemble du personnel pouvant le voir interrompt ses activités pour le voir décoller. La plupart applaudissent même son envol. _ Il est encore plus gigantesque que je ne l’aurais cru. _ Tu t’attendais à quoi ? Vingt-cinq kilomètres, ça ne te parle pas ? L’Astronome obscurcit à présent, tout le secteur. Pour éviter de causer d’énormes destructions, la vitesse de l’engin est suivit de près. _ L’Astronome. Attention. Vous ne devez pas dépasser les cent kilomètres par heure, tant que vous n’aurez pas atteint une altitude de cinquante kilomètres….. _ …. Au niveau de la cloche, on sait…. De toute manière, on y arrive dans une poignée de secondes. _ Très bien…. Bonne route. _ Merci. L’engin accélère aussitôt. Il double sa vitesse, toutes les dix secondes. Déjà, les premiers tests montrent que les absorbeurs de g font leurs offices. L’intérieur est parfaitement stable. _ Que disent les animaux présents ? _ Rien. Ils vaquent à leurs occupations habituelles. Les premières paroles des Dauphins semblent induire qu’ils n’ont rien senti, eux non plus. A présent, le monstre de technologie perce la couverture nuageuse, sans sourciller. Facilement, il quitte l’atmosphère de Titan en offrant une vue imprenable sur Saturne et ses anneaux. Des milliers de morceaux transparents ont beau être séparés par de fines cloisons opaques, les paires d’yeux ont l’impression de regarder un écran géant. Certains ont même l’impression d’être dans le vide intersidéral, tant les images sont d’une beauté à couper le souffle. _ J’approuve cette formidable trouvaille… J’espère seulement que les chanceux qui oeuvreront, ici, sauront l’apprécier à sa juste valeur tout en évitant de se laisser distraire. S’il vous plaît, reprenons notre travail. La journée est loin d’être finit. Tous sortent de leurs rêveries sur les paroles du Grand Orateur. _ Début de la première phase. Vérification des Systèmes de Navigation et de Communication dans un secteur fréquenté. L’engin prend la direction de la Terre, tout en activant ses systèmes de communication. _ Allô, Centre Spatial de Gaborone !! _ Salut, L’Astronome. Heureux d’entendre que tout va bien. Le pilote automatique les conduit à la vitesse autorisée tout en faisant les corrections de trajectoires induites par la présence d’obstacles rocheux ou de vaisseaux et celles demandées par le Centre de Contrôle. _ Combien de vaisseau avez-vous, dans votre secteur ? _ Vingt-deux dans le million de kilomètres nous entourant et ce chiffre passe à trois cent cinquante si la zone passe à dix millions. _ Les concepteurs ne nous ont pas mentis. Ces radars sont les plus performants construits à ce jours, sur un vaisseau. _ Je sais. Je peux vous dire qu’il y a un vaisseau viitians qui vient de sortir de l’hyperespace, à quelques neuf milliards de kilomètres de notre position. _ Merci, on va les contacter. En cette année 2100, les moteurs conventionnels des vaisseaux sont si performants qu’ils parcourent de 100 à 500 millions de kilomètres à l’heure. _ Comment se comporte la structure ? _ Bien. Elle absorbe les pressions qui s’exercent sur elle avec beaucoup de facilité. Je ne pense pas que l’on ait de surprises de ce côté-là. _ Au niveau énergétique ? _ La coque fournit 750 Giga Watts par secondes. A l’heure actuelle, pour le chauffage des quatre niveaux, pour la simulation de l’éclairage solaire, pour les appareils électriques et pour le reste, on consomme 703 Giga Watts par seconde. _ Parfait. Et les batteries que disent-elles ? _ Elles se remplissent à nouveau. Deux sont pleines et les deux autres sont à cinquante pour cent. _ A quelle vitesse allons-nous ? _ Cinquante mille kilomètres par secondes…. Et nous accélérons encore ! _ Je ne me rends pas bien compte. C’est rapide ? _ Vu la distance actuelle, entre Saturne et la Terre, les vaisseaux mettent huit heures pour aller de l’un à l’autre. L’utilisation des moteurs hyper spatiaux est interdite, à l’intérieur de l’orbite de Saturne pour des questions de sécurité et de gestion du trafic. _ On est dans les temps alors ? _ On a un petit quart d’heure de retard. Les moteurs ont été un peu lents à chauffer. Rien de grave, ceux-ci semblent beaucoup plus puissants que les plus puissants existants jusque là. _ Très bien, mais ne les poussez pas trop, s’il vous plaît. C’est juste, un test. La Terre est en vue. Cela fait un peu moins de six heures que L’Astronome a quitté son berceau. _ Freins en action. Subitement, le moteur est sevré d’énergie. L’effet est immédiat. La vitesse de l’appareil est réduite de quatre-vingt cinq pour cent en moins de deux secondes et personne ne s’en est rendu compte. _ Nous venons de récupérer une grande quantité d’énergie grâce aux absorbeurs de g. Le Grand Orateur appelle les Affaires Spatiales de Gaborone. _ Je vous écoute, L’Astronome ! _ Nous nous apprêtons à nous placer en orbite. _ Déjà….. Place de Parking numéro vingt-trois, niveau douze. Le Niveau douze est situé à quelque cinquante mille kilomètres de la Terre. Il s’agit du niveau le plus élevé de ce parking. Celui-ci peut accueillir plusieurs dizaines de milliers d’engins, en même temps. Pour l’heure, il n’a jamais affiché complet. _ Une navette Super Squale vient de décoller avec des vivres et divers matériaux. Elle vous contactera lorsqu’elle sera en vue. Apparemment, tout marche pour le mieux ? _ Pour l’instant, oui. Il nous reste cependant le plus gros morceau à vérifier. _ Ici, Mohammed Ben Birkhal, à bord de la navette Super Squale, j’emmène un chargement pour vous. _ Nous ouvrons les soutes. Il rompt la communication. _ Niveau quatre, je vous prie. L’ordre est aussitôt exécuté au grand soulagement du pilote de la petite navette. Ces engins démesurés ne lui plaisent pas du tout et il espère ne pas être choisit pour le voyage inaugural. Sans se faire prier, il entre dans le garage de L’Astronome. Il se pose, à distance respectable du bord. Il attend que les portes se referment pour commencer à décharger son engin. _ J’ai finit. _ Très bien. Merci. Bon retour. Le Super Squale décolle et file à grande vitesse vers Bamako. L’Astronome se prépare à repartir vers les extérieurs du système solaire et même au-delà. _ Nous sommes parés, Gaborone. _ Bon voyage. _ Merci. _ Direction Alpha du Centaure. L’équipage devra d’abord rattraper l’orbite de Saturne avant d’enclencher les hypermoteurs. _ Plus que six heures à attendre. _ Que cela ne vous empêche pas d’être attentifs…. Comment ça va, en bas ? Plusieurs scientifiques lui répondront que tout va bien et que les représentants animaux ont dû mal à s’imaginer qu’ils se déplacent dans le vide sidéral, à grande vitesse. _ Que ce soit des mammifères, des oiseaux ou des reptiles, ils semblent être à l’aise. On aura quand même quelques points à améliorer mais les résultats observés jusque là sont plus qu’époustouflants. Une alerte sonore retentit. _ Nous avons atteint l’orbite de Saturne. _ Engagez le processus. L’activité sous la cloche est décuplée en quelques secondes. La tension monte. Si il doit y avoir un couac, c’est maintenant. Un compte à rebours égraine le temps qui les sépare du saut. Plusieurs moteurs, jusque là, discrets exercent une poussée phénoménale qui finit par engendrer une fenêtre hyper spatiale. Les absorbeurs de g eurent beaucoup de travail, durant cette accélération. Une quantité phénoménale d’énergie sera redistribuée aux organes vitaux de l’appareil ou bien viendront se joindre aux réserves énergétiques disséminées çà et là. _ Le voyage durera combien de temps ? _ Nos engins les plus rapides parcourent six années-lumière, chaque jour. Si celui-ci est de la même veine, on peut penser y être dans seize heures. _ Vous poussez les moteurs à fond ? _ Non, la validation et la plupart des voyages se font à soixante-quinze pour cent de leurs possibilités. Ce n’est pas un concours de vitesse. Nous sommes peut être lent par rapport aux viitians mais nous pouvons nous vanter de créer nos propres technologies, c’est ce qui compte le plus, à mon sens. _ T’exagères, je trouve. Certes, les Viitians sont beaucoup plus rapides mais, eux, peuvent se vanter d’avoir plus de quatre siècles d’expériences dans le voyage spatial. Un tableau apparaît devant le Grand Orateur. Il montre les performances des nations stellaires alliées.
_ Sans compter que les civilisations ne suivent pas forcément les mêmes chemins de l’évolution. Certains développeront des facultés dans des domaines où les autres seront à la rue. _ En attendant, heureusement qu’il n’existe pas de courses interstellaires opposant nos civilisations parce qu’on serait lanterne rouge ou presque.
Le Grand Orateur suit attentivement les courbes d’exploitations des moteurs. Ceux-ci montrent une grande variabilité. Parfois, ils atteignent quatre-vingt dix pour cent de leurs potentiels et à d’autres moments, ce ratio n’est que de quarante pour cent. _ Est-ce normal ? _ Les simulations virtuelles qu’elles soient terrestres ou bantiniennes nous montraient la même chose. On ne sait pas d’où ça vient mais nos amis andromédiens n’avaient pas l’air inquiet. Pour eux, cela vient des limites de notre technologie hyper spatiale. Cela devrait rentrer dans l’ordre dans une poignée de minutes.
_ Quand procéderez-vous aux tests du Baroudeur et de L’Explorateur ? _ Pour le premier, ce sera le dix avril. Pour le second, le deux avril, si j’ai bonne mémoire. _ A priori, si les tests de L’Astronome sont concluants, ceux des deux autres le seront aussi. Mis à part la taille, toutes les technologies sont identiques. Les innovations comme les versions améliorées. _ Que dit la Cloche ? _ Elle n’a pas bougée d’un iota. Les tensions observées sont normales et bien en deçà de ces limites. _ Qui sont ? _ Disons qu’il faudrait qu’une centaine de baleines bleues de cent cinquante tonnes chacune s’échouent, l’une sur l’autre, sur une surface d’un centimètre carré pour approcher son point de rupture.
Trois heures se sont écoulées depuis leurs entrées en hyper espace, le Grand Orateur se promène tranquillement, non loin d’un étang reconstitué au cœur du quatrième palier. A ses côtés, une jeune femme d’une trentaine d’années. Anna Herzegova, née à Vladivostok, est en charge du suivit de l’évolution de ces paysages reconstitués, de la santé des animaux embarqués, de l’observation de leurs évolutions et de leurs comportements. _ Tu te sens prêtes ? _ Oui, il faudra bien. _ Tu es la seule à savoir que tu embarqueras le 13 juillet, à bord de L’Astronome. _ C’est un honneur de prendre part au premier voyage de ce vaisseau. _ Dis m’en plus, sur tout çà. _ Par où commencer ? Quatre niveaux pour celui-ci, trois pour L’Explorateur et le Baroudeur. En moyenne, il y a deux kilomètres entre le niveau 0 d’un étage et le plafond. Entre le plafond d’un niveau et le niveau 0 du suivant, il y a cinq cent mètres. En fait, la majeure partie de cette épaisseur est constituée de terre…. Le Baroudeur dispose d’un étage presque exclusivement marin. Ses extérieurs sont occupés par des falaises et de petites portions de végétations. On y a placés des postes d’observations pour voir si les mouvements de l’eau étaient modifiés et ce, malgré les absorbeurs de g. Pour le reste, on a veillé à reproduire de petits secteurs de notre monde avec toute sa diversité de paysages. De la haute montagne aux plaines inondables, des forêts impénétrables aux déserts, des torrents de montagnes aux lacs paisibles et poissonneux. Une tribu de Papouasie nous a lancé le défi de reconstituer intégralement la forêt qu’ils hantent avec tout ce qui vit. Ils embarqueront pour y observer, pendant le voyage, l’évolution de notre œuvre. Ils nous diront ensuite si nous sommes aussi doués que la Nature pour y faire fleurir la Vie. _ Merci à eux. Leur contribution ne sera pas oubliée. _ On a fait en sorte que tous les continents soient représentés. _ Quels types d’animaux, à bord ? _ La liste est longue…. Il y aura, par exemple, une centaine d’espèces de poissons, des centaines de Dauphins appartenant à une dizaine de peuples, quelques baleines de petites tailles, des anémones, des hippocampes. On a reconstitué une barrière de corail, à bord du Baroudeur…. Trois meutes de loups, des cervidés, des renards, des insectes, des araignées, des oiseaux….. _ C’est épatant. _ Ce n’est pas tout. Nous avons créés un système reproduisant la lumière solaire, l’alternance jour nuit. Un générateur de nuages déclenchera les pluies et les orages. De puissants ventilateurs reproduiront le vent qui changera de direction et de vent. _ Comme si la Nature le faisait !! _ On a même programmé la succession des saisons et les variations de températures. Sans oublier, bien sûr, la musique de notre monde. Nous avons enregistré sa mélodie pour la diffuser en continu, sur tous les paliers. _ C’est vrai. J’ai du mal avec cette notion. _ Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris, de mon côté. _ Quoi d’autres ? _ L’eau sera traitée, comme sur Terre. _ Que se passera t’il si un de ces animaux venaient à quitter l’espace de vie où à s’approcher des ventilateurs ? _ Impossible. Nous avons programmés les boucliers pour détecter toutes les formes de vies présentes à bord. Donc l’animal qui viendrait un peu trop près des ventilos subirait une pression exponentielle qui viendrait compliquer son avancée. Il finirait donc, par rebrousser chemin. Les Dauphins ont des panneaux d’explications à proximité des zones à risques. _ Tes premières conclusions sur cet aménagement ? _ Elles ont un grand avenir. Maintenant, nous verrons bien leurs évolutions dans le temps. Nous espérons simplement que cela ne tourne pas au cauchemar. _ Du style ? _ Morts nombreuses chez certaines populations. Conflits de terroir. Après tout, nous ignorons si les animaux ressentiront le fait qu’ils se trouvent dans un endroit clos. Certes gigantesque mais clos. _ Merci, Anna. Je vais devoir retourner, là-haut. _ Merci de m’avoir écoutée, Grand Orateur.
Trois heures de plus se sont écoulées, Sven Erik Esveriksson s’est réinstallé à son poste. Il compulse une partie des données qui affluent continuellement, en grands nombres, sur son poste de commandes. _ Pourquoi les moteurs ne tournent-ils qu’à soixante pour cent de leurs capacités ? Personne ne semble avoir vu cette anomalie. Plusieurs manipulations sont effectuées pour voir si l’on peut modifier cela. _ C’est curieux, en effet. Aucune de leurs actions ne modifie la donne. _ Ce n’est pas grave. Le système est largement opérationnel. Un peu plus lent que prévu mais le potentiel est là. Le Grand Orateur s’interroge, davantage encore. _ Vous pouvez y remédier ? _ Bien sûr mais cela prendra un certain temps. _ Du genre ? _ Le temps de parcourir la liste des fichiers concernant les hyper propulseurs, de trouver le fichier correspondant à ce que nous recherchons, de le lire, de le modifier puis de vérifier que les nouvelles directives ne viennent pas entrer en conflit avec d’autres…… En s’y mettant à notre retour, sur Titan, on pourrait le faire partir en mission…. Fin octobre ou début novembre. _ Dans ce cas, on effectuera la première mission avec ces réglages…. Mais pourquoi est-ce aussi long ? _ Parce qu’en moyenne, chaque fichier pèse une cinquantaine de terra octets. La lecture est loin d’être aisée, dans ces conditions. Auparavant, il faut ouvrir le bon dossier. Ceux-ci sont enregistrés par un nombre d’une douzaine de chiffre suivit du nom de son auteur. Par exemple, le fichier d’action sur les températures du niveau trois est 012983923948-Shayura…. Par chance, nous avons un classeur où ils sont tous référencés suivant les tâches attribuées. Toutefois, prévoyez des aspirines et du café. _ Très bien. On profitera plus du voyage. Il est dommage que l’hyper espace ne soit pas plus visuel que çà. La cloche est désespérément vide d’attraits pour les yeux. Une alarme retentit dans la salle de contrôle de L’Astronome. _ Qu’est-ce que c’est ? _ Rien. Nous allons sortir de l’hyper espace. _ Déjà. Deux secondes plus tard, la cloche dévoile des paysages plus familiers. Une naine rouge orbite, en toute quiétude, à une cinquantaine de millions de kilomètres au-dessus d’eux. _ Proxima du Centaure…. On est donc bien arrivé. La vitesse de la traversée s’affiche, dans un coin, de tous les écrans virtuels actifs. _ Sept années-lumière et demi par jour. _ A soixante pour cent, c’est impressionnant. _ Ce qui fait du douze et demi à pleine vitesse….. Record pulvérisé. _ Un petit diagnostic système, peut être ? _ Oui. Une petite vérification de la trajectoire….. Pas d’obstacles en vue. Vitesse de croisière… 75000 kilomètres à l’heure. Le lancement est instantané. _ Il y en a pour trois-quarts d’heure. Pendant ce temps-là, profitez de la vue ou allez vous restaurer. Une grosse moitié du personnel quitte sa place pour rejoindre l’ascenseur. En attendant, l’intelligence artificielle centrale s’est lancée, à toute vitesse, dans le bilan de santé général de l’appareil et de réparation d’éventuels soucis. _ Les radars fonctionnent-ils ? _ Evidemment…. Il y a peu de soucis à se faire, nous n’avons jamais croisés personne dans ce secteur. _ Une surprise est toujours possible ? _ Oui, aucun membre du Collectif n’a visitée toutes les étoiles orbitant à moins de cent cinquante années-lumière de chez nous. _ Il y a-t-il des candidates à la vie ? _ Oui, une bonne trentaine mais la plupart d’entre elles n’ont aucune planète autour d’elles…. Disons qu’aucun instrument n’a détecté de sphères rocheuses ou gazeuses. _ Dans ce cas là, contentons-nous d’observer Proxima et ses deux grandes sœurs. Le haut fonctionnaire incline son fauteuil grâce à une simple demande télépathique avant d’en profiter pour se relaxer, un moment. Trente cinq minutes plus tard, Sven Erik Esveriksson dort profondément lorsque les alarmes de L’Astronome retentissent. Réveillé en sursaut, l’homme de Nouvelle-Islande demande de quoi il en retourne. _ Qu’est-ce qui se passe ? _ Les radars ont détectés un appareil inconnu. Il vient de sortir de l’hyper espace, à trois unités astronomiques de notre position. _ Il y a-t-il un danger pour nous ? _ Pas sûr. L’intrus se rapproche d’eux, à une vitesse importante. _ Nous a-t-il vu ? _ Si ce n’est pas le cas, leurs radars sont nuls. Plusieurs minutes plus tard, le diagnostic système vient de se terminer. _ On bouge ? _ Non, attendez ! Que nos amis reprennent leurs postes. Un appel est vite lancé à l’étage inférieur. Pendant ce temps là, le véhicule alien accélère encore. A présent, il file cent mille kilomètres par secondes. _ Il nous a vu, c’est évident. _ Les boucliers sont-ils fonctionnels ? _ Tout le temps. L’ascenseur vient de monter les derniers membres de l’équipage qui manquaient à l’appel. _ Tous à vos places. On a du pain sur la planche. _ Ils s’apprêtent à ouvrir le feu. _ Quelle taille fait-il ? _ Trente mètres de long, vingt de large et dix de haut. _ Ça se trouve, la taille de L’Astronome leurs fait peur. _ C’est compréhensible. Peut-on scanner l’engin ? _ Bien sûr. _ Quel type d’armes ? Est-il habité ? Et par quoi ?..... A-t-on rencontré ce genre d’engin ? Cherchez dans la base de données du Collectif Milky Way. _ Pas de problèmes. En cette année 2100, l’encyclopédie des Planètes et des Civilisations Technologiques de l’Univers compte une centaine de peuples. Une trentaine le sont grâce au dispositif de Vienne. Les Bantiniens ont apportés une contribution importante. Quant au Collectif, la plupart des découvertes sont à mettre au crédit des Viitians et de leurs expériences plus que centenaires. _ Civilisation inconnue !! L’appareil, en tout cas, ne correspond à rien. La signature énergétique, non plus. _ La signature énergétique ? Qu’est-ce que c’est ? _ Une empreinte laissée par toutes les technologies de propulsions. Chaque civilisation utilisant sa propre technologie, nous avons une signature différente…. C’est très utile pour reconnaître des amis ou des ennemis, lorsqu’ils quittent l’hyper espace. _ C’est bien dommage. On aurait peut être pu les résonner. Ils s’apprêtent à faire feu. _ Les scans ont l’air d’insinuer que leurs puissances de feu équivaudrait à celle d’une mouche crachant une goutte d’eau contre un diplodocus adulte. _ Tant mieux. Cela aurait été dommage d’abîmer notre si bel engin, dés sa première sortie. Les deux appareils ennemis se font face, à quelques kilomètres de distance. De multiples projectiles lumineux foncent, à toutes vitesses, en direction de L’Astronome. _ Que fait-on ? _ Pour l’instant, rien…. Au même moment, les boucliers entourant l’engin absorbent, sans broncher, les attaques ennemies qui ne semblent pas décidés à rompre le combat. _ Dommage que les garages soient vides parce que j’aurais bien ordonner à une équipe de les suivre jusqu’à chez eux avec un Super Squale. En attendant, rendons-nous à une poignée de millions de kilomètres de Rigel Kentarus A. Aussitôt, le préposé concerné lance la procédure de calcul puis il active le processus d’activation des hyper moteurs. Une alarme retentit dans la grande salle. _ Echec pour l’allumage des hyper moteurs ! _ C’est normal ! La présence rapprochée d’un ennemi bloque le système. _ C’est bon à savoir. Vous comptiez nous prévenir quand ????? Que faut-il faire ? _ Deux choses : Les mettre hors d’état de nuire ou les semer avec les moteurs classiques. Soudainement, l’appareil ennemi s’embrase partiellement. _ Qu’est-ce qui se passe ? _ Je n’en sais rien. _ Sommes-nous responsable ? _ Je ne crois pas. Nous n’avons pas effectué le moindre tir. Le brasier prend de l’ampleur. Une quantité impressionnante de débris se détache de la structure principale. _ Peut-on faire quelque chose ? _ Oui. Nous avons plusieurs lances à incendies. Le Grand Orateur lui lance un regard interrogateur. _ C’est toujours utile, si une partie de la coque venait à s’enflammer. _ Essayons de leurs venir en aide. Avec une aisance inouïe, L’Astronome effectue la manœuvre de rapprochement nécessaire à l’intervention. Dans la foulée, un groupe de lances à incendies se met en action. _ D’où vient cette eau ? _ Des réservoirs prévus à cet effet et placés au-dessus du quatrième palier ou entre les niveaux. On y a ajouté l’antigel spatial de type 5. Des trombes s’abattent sur les flammes avec des résultats visibles. Le brasier recule puis s’éteint en moins de trois minutes. Un trou béant dans la coque laisse peu de doute sur l’état de l’engin. _ Les scans ne détectent plus les moteurs. _ Des signes de vies ? _ Une minute, il faut que je bascule sur un autre programme. Il effectue quelques manipulations mentales à vitesse soutenue. Les technologies dîtes télépathiques ne sont pas encore largement utilisés mais les progrès réalisés les rendent de plus en plus attractifs. _ J’y suis…. Il y a une vingtaine d’individus encore en vie, à bord. _ Que fait-on ? _ Ouvrons les garages et essayons de le faire atterrir dans les plus brefs délais. Le pilote de bord souffle. _ Vous ne vous rendez pas compte de la difficulté de la tâche. C’est un engin de vingt-cinq kilomètres que je pilote, pas un colibri. Néanmoins, il a déjà entamé la réalisation de l’ordre qui lui a été donné. Il a allumé, mentalement, une poignée d’écrans de taille moyenne lui permettant de disposer d’une meilleure vue de l’avant de son vaisseau. Dans le même temps, ses mains sont, en contact permanent, avec la sphère du gouvernail. Contrairement aux navires marins, les navires spatiaux utilisent un système de gouvernail qui prend la forme d’une grosse sphère mobile qui émerge d’un volumineux pupitre de commande. Déjà, des gouttes de sueur perlent sur le front de Mikhaïl Vaknevksky. Le dispositif nécessite une grande concentration ainsi que des pouvoirs psychiques parfaitement maîtrisés. Les données du Grand Conseil indiquent qu’un cinquantième de la population est apte pour ce poste. Les garages de la face avant du Catégorie six viennent de s’ouvrir. L’Astronome est sur le point d’avaler l’épave minuscule. Déjà, les aéro-stabilisateurs placés, çà et là, prennent en charge l’objet avec délicatesse. Avec beaucoup de maîtrise, la technologie terrienne pose délicatement l’engin extranéen après avoir choisit l’endroit le plus adéquat. De petits extincteurs automatiques s’activent sur les zones encore en feu, ou menaçant de l’être. Quelques terriens entrent dans le garage, une fois que les portes se sont refermées. Il y a là, des médecins et des pompiers. On suit les manœuvres de sauvetages depuis la salle de contrôle où l’on fixe avec attention un robot mobile d’une dizaine de centimètres de haut qui va, au préalable, déterminer la nature de l’atmosphère interne au vaisseau. Le verdict ne met qu’une quinzaine de secondes à tomber. _ Azote, soixante-huit pour cent. Oxygène, vingt-deux pour cent. Gaz Carbonique, six pour cent. Néon, Argon et autres gaz rares, trois virgule cinq pour cent. Présence importante de métaux monoatomiques ionisés. Température, vingt-huit degrés. Hygrométrie élevée…. _ Combien fait-il ? _ Vingt-deux degrés, actuellement. _ Le taux d’hygrométrie ? _ Cinquante pour cent. Au même moment, une porte invisible s’ouvre. Haute de cinquante centimètre, elle laisse pantois les observateurs. Deux petites créatures en sortent. Pas plus haut qu’un double décimètre, ils semblent, tout aussi surpris, par la grande taille de leurs hôtes. Plusieurs biologistes se joignent aux festivités. Intriguée, Anna Herzegova s’assoit, à quelques distances, des extranéens. Rapidement, un sourire apparaît sur son visage. _ C’est génial… Regardez… La Nature nous montre, une chose nouvelle encore. Elle nous montre qu’elle sait choyer des êtres complexes et les miniaturiser…. Cela pourrait être nos frères… Si bien sûr, on oublie la différence de taille. Les deux spécimens observés sont parcourus de petits flashs lumineux qui apparaissent et disparaissent, constamment, sur tout le corps. Leurs corps sont enveloppés dans une matière flottante très étrange, ayant la particularité de donner une sensation de mouvement permanent. Un peu à l’image de l’eau, un fluide énergétique parcourt ce voile qui, comme nos vêtements, cachent la majeure partie de leurs anatomies. Leurs pieds, comme leurs mains, sont nus. Si leurs membres inférieurs semblent plus larges, en proportions que les nôtres, ils arborent sept orteils. Leurs mains quant à elles n’ont que cinq doigts dont un pouce. L’impatience guette quelques humains. _... Excusez-moi d’interrompre un moment aussi sentimental mais nous devons-nous occuper de leurs blessés. Immédiatement, il s’effondre puis simule une blessure avant de jeter un coup d’œil aux visiteurs qui semblent comprendre le but de la manœuvre. Ils retournent dans l’épave d’où sortent d’autres individus. Certains ont quelques blessures. _ Emmenez des civières, s’il vous plaît. A présent, les quelques membres de l’expédition encore valides portent ceux dont l’état est critique. Ils les posent sur trois civières. Quelques secondes plus tard, l’un des médecins terriens s’apprête à faire usage d’un stéthoscope, tout en se demandant si c’est bien adapté à ses nouveaux patients. _ Ils sont tous là…. Soignons-les tout en les emmenant dans le Centre de Soin le plus proche. _ Dépêchons. Pas vraiment rassurés, les humains miniatures se laissent traîner sur ces étranges couchettes portatives. Ceux qui sont en forme, scrutent les installations visibles de L’Astronome. A présent, ils ont embarqués à bord de l’une des navettes ferroviaires.
Le premier centre de soin n’est qu’à trois cent mètres du garage. Tous les voyageurs sont acheminés dans ce bâtiment blanc. Immédiatement, les technologies médicales de pointes s’activent sur ces inconnus. Dans un premier temps, l’intelligence regarde si elle a affaire à une forme de vie connue ou non. Dans le cas qui occupe, c’est non. Ensuite, elle lit les corps comme si elle lisait un livre. L’ADN extranéen est décrypté en une quinzaine de centième de secondes. En à peine plus de temps, il comprend le fonctionnement de leurs organismes. Par l’intermédiaire de rayons ionisants, l’engin guérit ceux qui en ont besoin puis revitalise les fonctions de chacun d’eux. Comme nous, ils souffrent de tensions qui les affaiblissent petit à petit. _ On ne sait toujours pas dialoguer avec eux, mais au moins, ils sont en bonne santé. Le Grand Orateur en est satisfait. _ J’arrive…. Je vais auparavant, appeler les Affaires Spatiales. On établit une liaison d’hyper communications avec Gaborone. _ Je vous écoute, L’Astronome…. Tout va bien, à priori. _ Oui, le vaisseau fonctionne bien. Les lances à incendies, aussi…. _ De quoi parlez-vous ? _ Disons que le système d’Alpha Centaurii eut plus de visiteurs que prévus… _ Un peuple connu ? _ A priori, non. _ A quoi ressemblent-ils ? _ A nous, mais en tout petit. A la naissance, nos bébés sont deux à trois fois plus grands qu’eux. _ En effet, ce sont nos premiers lilliputiens…. _ Nous les ramenons, sur Titan. Leur vaisseau est endommagé. On va voir si on peut le réparer. _ Très bien. On vous attend… J’appelle Titanium pour les prévenir. L’Astronome passe immédiatement en hyper espace. Le Grand Orateur se joint au groupe qui a eu l’honneur d’accueillir ces visiteurs. Ceux-ci se trouvent, à présent, dans la salle des générateurs d’ondes planétaires. Cette salle sera très utile à tous les voyageurs de L’Astronome. Lorsque les corps sont loin de la Terre, trop longtemps, ils tombent malades car ceux-ci ne baignent plus dans la mélodie qui les fait vivre. Les humains développèrent plusieurs technologies qui permirent de duper la biologie. Sven Erik Esveriksson pose enfin son regard sur les invités de l’humanité. Leurs peaux se sont parées d’une multitude de scintillement comme si des millions de paillettes étaient disposées dessus. Le traitements qu’ils reçoivent semblent leurs convenir. Dans le même temps, on tente d’établir le dialogue mais la voix des inconnus est si basse qu’il a fallut recourir à l’utilisation d’amplificateurs. En quelques minutes, ce sont des centaines de mots, sans traductions possibles, qui rejoignent l’encyclopédie linguistique universelle. Plusieurs heures se sont écoulées, le système solaire est en vue. Tous piaffent d’impatience. Certains aimeraient rendre au plus vite leurs rapports pour que les derniers travaux et réglages puissent être effectués. D’autres aimeraient simplement reprendre une vie normale sur Terre. Enfin, la troisième catégorie aimerait résoudre un mystère qui prend la forme d’humanoïdes de vingt centimètres de haut. Sous la cloche, c’est l’effervescence. Les opérateurs suivent attentivement la chute contrôlée des performances des hyper moteurs. Ceux-ci se taisent pour de bon au niveau de l’orbite de Saturne. _ Gaborone, Ici L’Astronome. Nous sommes de retour. _ Bien reçu. _ Nous filons vers Titanium. _ Nous vous contacterons plus tard. _ Attendez… Nos radars détectent la présence de vaisseaux Bantiniens en orbite autour de la Terre. _ En effet, il y en a deux. _ Nous aimerions qu’ils nous rejoignent. Ils peuvent nous aider à découvrir l’identité de nos rescapés. _ Je leurs fait parvenir. _ Merci. Dans le même mouvement, le vaisseau se cale, à la vitesse maximale autorisée et file, sans détour, vers les anneaux célébrissimes d’une planète géante. Les minutes se muent en heures avant que Titan apparaisse dans la cloche. Un engin Bantiniens est happé par l’épaisse couche nuageuse de la petite planète. L’Astronome s’y engage dans son sillage. _ Tour de contrôle ? Ici, L’Astronome. Nous entamons notre descente. _ Bien reçu. La Plate-forme de construction numéro sept vous attends…. L’impressionnante silhouette du Catégorie six ne tarde pas à survoler les arsenaux. Son ombre détournera de nombreuses têtes. Lentement, sa masse rejoindra son emplacement. Un à un, les aéro-stabilisateurs refont leurs offices. A présent, le Catégorie 6 est immobilisé sur sa place de parkings. Les portes s’ouvrent. Déjà quelques individus en sortent. Parmi eux, le Grand Orateur et son équipe ainsi que l’ensemble des voyageurs inconnus. Tous se rendent, avec hâte, dans le Quartier d’accueil des visiteurs où les lilliputiens pourront être à nouveau exposé à un simulateur de vibrations planétaires. Du fait de son importance stratégique, Titanium dispose d’une vingtaine de Quartiers de ce type. Situés non loin des plates-formes et des parcs, ils permettent de soigner « le Blues de l’Espace » qui peut frapper n’importe qui, n’importe quand. Sous la forme d’un vaste bâtiment contenant une multitude de salles de repos, de bibliothèques, de thermes, ils peuvent accueillir des centaines de visiteurs à la fois. Comme toujours, des pièces ont été spécialement aménagés pour les nations extranéennes que sont les Wekhtah, les Ethréens, les Viitians, les Latviens, les Karthéens. Le cas Daukyrans étant particuliers, ils ont toutefois, depuis quelques années des bâtiments spéciaux qui leurs sont réservés. Un quart d’heures plus tard, tous profitent d’un vaste salon, juché au quatorzième étage. Les Terriens essayent bien de comprendre et de dialoguer avec ceux qu’ils ont recueillit, sans grand succès. De leurs côtés, les rescapés profitent des délices fruités de leurs hôtes. Clémentines, raisins et cerises semblent plutôt bien appréciés, bien que volumineux pour leurs petits estomacs. Plusieurs individus font une entrée remarquée. Trois Viitians les saluent tous. De petits yeux écarquillés les détaillent avec une grande attention. Deux Latviens les imitent puis vont s’asseoir, non loin des lilliputiens. D’un côté comme de l’autre, on s’observe avec une méticulosité phénoménale. Deux Wekhtah, deux Ethréens et deux Karthéens sont également là. Enfin, quelques instants plus tard, trois humanoïdes de hautes tailles, de bonnes corpulences, à la chevelure exubérantes et aux couleurs cristallines, apparaissent enfin. _ Vous nous avez demandé, je crois ! Le Grand Orateur se lève. Il salue avec beaucoup de respect ces représentants de la Galaxie d’Andromède. La Fédération Bantinienne regroupe plusieurs milliers de civilisations technologiques dont la moins avancée possède une maîtrise technologique, scientifique et physique au moins cinquante fois supérieur à celle de la somme des membres du futur collectif Milky Way. Fondée il y a plus de neuf millions d’années, ce groupe jouit d’une aura qui atteint les galaxies les plus lointaines. _ En essayant L’Astronome, nous avons fait une rencontre inattendue. Il montre les pygmées qui ne perdent pas une miette de tout cela. _ Le vaisseau qui les a conduit jusqu’à Alpha du Centaure est salement endommagé. _ Quelle taille fait-il ? Ce vaisseau ? _ Une vingtaine de mètres. _ Comparé à L’Astronome…. Ils ont dû avoir une sacrée peur… L’un de ces compères prend à son tour la parole. _ On a eu plusieurs fois à faire à ce genre de réaction. Le Grand Orateur n’en est pas moins étonné. _ Nous aimerions connaître leurs identités. Un long silence s’installe. _ Difficile de vous répondre du tac au tac…. Il y a bien une trentaine de peuples spatiaux qui pourraient correspondre. _ Mince. Comment procéder dans ce cas ? _ Rien de plus facile. Un petit détour par Europa s’impose. Notre base scientifique est une mine d’or. Comme toute ces sœurs, elle est reliée aux autres…. Nous pourrons donc débusquer leur monde. _ Allons-y. _ Très bien mais je me permettrais de vous prendre quelques fruits. Ils ont un goût fameux. _ Faîtes donc. _ Vous nous accompagnez, Grand Orateur ? _ Avec plaisir. _ Pour éviter les jalousies, chaque civilisation aura une place…. Mais avant, on doit vous prévenir de quelque chose sur le vaisseau qui nous transportera. Il s’agit d’un Livaazu. _ Qu’est-ce que c’est ? _ Vous allez voir ? Tout ce petit monde est rapidement mené, du point de vue terrien, jusqu’à la plate-forme accueillant cet énigmatique engin. Une bassine d’eau retient l’attention. Large de cinq mètre et longue de huit mètres, elle est vide mais ces alentours sont bien mouillés. Deux Bantiniens atteignant allègrement les sept mètres de hauteurs et la tonne, semblent porter beaucoup d’attention à une chose étrange ayant la splendeur du plus beau diamant. _ Je vous présente Izulelli. Le plus vieux Livaazu. Il a trente-cinq ans et il est en pleine adolescence, encore. La masse amorphe se tourne vers les arrivant. Sept paires de pattes musculeuses, jusque là invisible, assurent cohésion, harmonie et force à cet être. Une tête volumineuse, avec deux yeux émeraudes, observe ce groupe disparate. _ Ne me dîtes pas que vous voyagez sur le dos d’êtres vivants ! _ Pas tout le temps mais cela nous arrive. _ Où les avez-vous débusqués ? _ On les a créé. _ Comment ? _ Notre peuple particulier est en pleine mutation. Il semblerait que notre évolution nous conduise sur une voie inhabituelle. Nous sommes capable de créer par notre pensée, des objets, des êtres vivants et des planètes. _ Notre civilisation est en pleine révolution. Nous n’avons plus besoin de cultiver ou de cueillir pour manger. Nous pouvons soit créer un aliment que nous avalerons ensuite, soit imaginer sa texture, son odeur, son goût et ses caractéristiques nutritionnelles dans notre bouche pour en recevoir ses bienfaits. _ Nous n’avons plus besoin de construire des bâtiments. On se les imagine. Ils apparaissent. On les utilise autant que nécessaire…. _ Par exemple, pour dormir… _ Puis ils s’évapore quand ils deviennent inutiles. _ Du coup, plus d’industries, plus de villes…. Pendant ces paroles, tous les présents reçurent une multitude d’images dans leurs esprits qui permirent une véritable prise de conscience. _ Combien de civilisations sont capable de ce prodige ? _ Maintenant…. Une quinzaine. _ Depuis combien de temps ? _ Le premier cas connut remonte à l’époque où les terriens mettaient en service le premier train. _ Ensuite, la généralisation a pris un siècle et demi…. Encore aujourd’hui, nous sommes en phase d’apprentissage. L’attention se reporte à nouveau sur l’animal gigantesque qui continue son inspection. _ L’un des nôtre en a créé huit, en l’espace d’un rêve, une demi-heure chez vous. Imaginer et matérialiser un objet, c’est une chose. Faire de même pour un être vivant, c’en est une autre. _ L’individu en question avait tout juste, six ans. Pour lui, ce n’était qu’un jeu. Ils ont causés d’importants dégâts. Depuis, nous avons établit des règles plus strictes pour l’apprentissage de ces facultés. _ Malheureusement, six des huit individus sont morts durant le mois qui suivit. D’une fragilité déconcertante, un rien les tuait. Du coup, nous avons utilisés nos connaissances de la génétique pour en faire ce que vous voyez. _ Accessoirement, nous en avons une quinzaine de peuples, actuellement. _ Comment avez-vous découvert qu’ils pouvaient vagabonder de planètes en planètes ? _ Tout simplement lorsque sa tribu quitta son monde d’origine Néblosia pour Evictaruna, séparée de huit années-lumière…. Néblosia a une atmosphère similaire à la Terre et Evictaruna est saturée en sulfure d’hydrogène. La vie y a des allures extravagantes et peu rassurantes. Nos amis ne parurent pas s’en offusquer…. _ De quels groupes animaliers se rapprochent-ils ? _ Des mammifères, sans équivoques… Il les invite à toucher l’animal. Celui-ci se révèle être doté d’un pelage soyeux. Il adore, à ce qu’il semble, le contact tant il cherche les caresses. _ Il est muni de trois paires d’ailes dépassant en longueur tout ce qui a pu exister dans nos galaxies respectives. Par la pensée, il fait apparaître une rampe. _ Allons-y, je vous prie…. Le Viitians est le premier à poser ses pieds sur l’objet qui l’emmène jusque dans la salle de voyage placée sur le dos de l’animal, au niveau des paires d’ailes. Un à un, ils le rejoignent dans cette pièce qui occupe dix mètres de long sur huit de large. L’animal boit une dernière gorgée avant de s’étirer, de faire claquer sa longue queue. Sa tête se redresse bien haut, sans doute pour mieux observer les alentours tandis que les Bantiniens commencent à communiquer avec l’être monumental, par télépathie. _ Désolé, Izulelli. Nous devons nous rendre sur une petite planète, à proximité d’ici. Nous devons consulter la base de donnée de notre station scientifique cachée sous les glaces de ce monde. _ Pourquoi pas ? Le Grand Orateur propose ensuite de lui faire visiter la Terre. _ Ensuite, nous t’emmènerons vers un monde qui te rappellera Néblosia. _ Sans problème. Montres-moi les cartes du secteur. Immédiatement, l’Andromédien satisfait sa demande. Une quinzaine de secondes lui suffiront pour prendre connaissance du système solaire, mémoriser le moindre corps répertorié et les spécificités de chacun ainsi que des règles à suivre pour tous les engins. Une fois ceci fait, Izulelli s’affaisse un peu puis, avec ses pieds, donne une grande impulsion. Ses paires d’ailes se déplient, en moins d’une seconde, puis dans le même mouvement, elles effectuent leurs premiers battements. _ Iniyu’, Tour de Contrôle. Nous partons pour Europa. _ Iniyu’. Bien reçu, Izulelli. Nous avertissons les vaisseaux que vous croiserez de la nature de votre monture. On évitera ainsi quelques désagréments liés à la nature humaine. _ Pas de problème. _ Bon voyage. _ Merci. L’un des Bantiniens fait asseoir ses convives sur des fauteuils que l’intelligence cristalline venait de faire apparaître. _ Nous allons maintenant, comme vous le verrez sur vos écrans de contrôle, finir de préparer Izulelli pour un tel voyage. Chaque individu dispose, en temps et en heures, de toutes les données directement dans son esprit. Une multitude d’images leurs parviennent pour illustrer ce processus inconnu. L’être gigantesque est bientôt recouverte d’une armure de faible épaisseur, aux reflets saphir et diamants. _ Il s’agit d’une coque de protection en fibre de carbone ultra résistante. L’espace est riche en débris microscopiques qui peuvent passer nos boucliers énergétiques et causer d’énormes dégâts. Au même moment, les ailes sont recouvertes d’une fine couche sombre et étincelante dont les fonctions sont le captage d’énergie et la protection de ces fragiles organes. Les boucliers énergétiques sont quant à eux, pleinement opérationnels. Izulelli émerge de la couverture nuageuse du satellite fréquenté de Saturne. Une demi-douzaine d’appareils se tient immobile, à proximité. Poussés par la curiosité, les commandants ordonnèrent de retarder les opérations en cours. Avec une aisance inouïe, le Livaazu avance tout en inspectant les choses qui l’entourent. Sa curiosité satisfaite, il plonge son regard dans l’immensité sidéral. _ Il recherche Jupiter avec ses yeux qui rivalisent d’acuités avec vos meilleurs télescopes. Vous allez voir. D’un seul coup, l’animal accélère vers la destination voulue. Quelques heures plus tard, Izulelli n’est plus qu’à quelques kilomètres de la surface glacée d’Europa. Impassiblement, il garde une trajectoire perpendiculaire à l’obstacle blanc qui lui fait face. Au lieu de fracasser la glace, l’animal et ses passagers passent au travers, à une vitesse folle. En moins d’une minute, il file à travers l’océan. Au même moment, dans la salle d’entrée d’une base scientifique extranéenne, une dizaine de personnes s’affairent autour d’une navette de type Marsouin qui s’apprête à décoller. Développées spécialement pour ravitailler le personnel étudiant ce site, ces navettes résistent à des pressions phénoménales. Par bien des égards, elles rappellent le Pégase, découvreur des lieux. _ Dépêchons, s’il vous plaît…. Notre timing est serré. Une multitude de caisses, de valises vont et viennent dans un sens, comme dans l’autre. Alors qu’on s’active, à perdre haleine, quelque chose d’énorme apparaît au-dessus d’eux. Des cris retentissent mais semblent inaudible aux oreilles du gigantesque animal. Un grand couloir apparaît sur l’un des côtés, le Livaazu s’y engage. _ Qu’est-ce que c’était ? _ Je ne sais pas… Il a pourtant l’air de connaître les installations mieux que nous…. _ Une forme de vie inconnue appartenant à la grande civilisation Andromédienne ? _ Peut-être. Toujours en vol, ils avancent à une vitesse plus lente mais néanmoins, rapide. _ Où allons-nous ? _ Dans une pièce visitée par les Terriens à une seule reprise. En 2041, je crois. Elle est située à une cinquantaine de kilomètres, sous la surface…. _ Pour la petite histoire, celui qui la découvrit s’enfonça seul avec des provisions pour plusieurs jours. C’est lui qui permit de localiser l’équipe qui découvrit Iramia et Tia’ Tura, quelques minutes avant que vos communicateurs de l’époque n’établissent le contact. Grâce à ça, ils ont pu accéder à une foule de données sur ces deux mondes. Ils ont pu choisir les meilleurs sites pour fonder les premières cités extrasolaires lorsqu’ils ont vus que ces mondes étaient vierges de vies intelligentes. Plusieurs minutes passent avant qu’une cavité monumentale les accueille. _ On y est. Izulelli se pose, au milieu, avant que tous descendent. Immédiatement, la salle s’illumine. Aucune lampe pour orner les mûrs, le sol ou le plafond. C’est l’air, elle-même, qui semble contenir de petites particules lumineuses. Aucun œil ne peut confirmer cela, cependant. Le sol se pare de couleurs qui changent, mutent, s’effacent puis reviennent. Peu de temps après, ce sont les mûrs qui sont pris de convulsions multicolores. Par endroits, des dalles s’élèvent ou se baissent avant qu’une armée de points lumineux ne s’élève dans la pièce. Semblant être totalement autonomes et douées d’intelligences, elles finissent par s’intéresser aux vivants. Le Livaazu recueille beaucoup de suffrages, ce qui semble l’irriter au plus haut point. Les Bantiniens le rassurent par quelques transmissions de pensées. Deux minutes plus tard, une carte tridimensionnelle apparaît tandis qu’une foule de données s’inscrivent, face à chacun des présents. _ Pas d’écrans, j’adore cela. Ce qui ressemble à la projection tridimensionnelle d’un ADN s’affiche, aussi. _ Comme vous le voyez, son matériel génétique est d’une complexité supérieure à la normale. Quarante-neuf hélices d’ADN, contenant chacune treize milliards de paires de bases. La technologie à l’œuvre finit par traduire, toutes les données, dans le langage de chacun. Personne ne remarque que, même, l’inconnu, de vingt centimètres de haut, comprend tout ce qui est dit. _ Quatre cent cinquante-deux chromosomes dans chacune de ces cellules. _ Taille adulte estimée, soixante cinq mètres ? _ Maturité sexuelle à trente-deux ans ! C’est tard…. _ Pas pour eux, ils sont adultes à cinquante ans…. D’ailleurs, il n’y en a pas encore. Cela n’empêche pas notre ami d’être père d’un petit de trois ans qui ne quitte jamais sa maman…. On nous a signalé depuis une dizaine de naissances supplémentaires…. L’espérance de vie est estimée à six cent trente ans. La Carte montre le Groupe Locale de Galaxies avant de se scinder en eux. La première montre la grande galaxie d’Andromède, la fameuse M 31, tandis que l’autre se concentre sur notre Voie Lactée. Des centaines de points changeant de teintes attirent l’œil. Ils sont répartis dans de nombreux secteurs. _ Ceci est la localisation actuelle des peuples de Livaazu. Vous voyez, il y en a sur Bantinia…. Regardez. Avec son index, il semble toucher le point concerné. Celui-ci se transforme en une sphère qui grossit jusqu’à un diamètre de cinquante centimètres. Les continents, les mers et autres océans sont clairement visibles ainsi que les masses nuageuses et l’éclairage naturel. Des millions de caractères de données apparaissent ainsi qu’une cinquantaine de points en mouvements. _ Tiens, Izulelli. Des frères à toi sont là-bas. Le monumental animal pousse un gémissement puissant. _ Pouvez-vous remontrer la carte de la Voie Lactée… Le Grand Orateur a l’air perplexe. Il a remarqué quelque chose qui cloche…. _ Qui a-t-il ? _ D’après votre installation, il y a plus d’un point dans notre secteur. Izulelli ne compte que pour un, je présume ? _ Oui. _ Donc il n’est pas le seul Livaazu à arpenter notre galaxie. _ On va voir ça. La carte apparaît aussitôt et effectivement, des points scintillent à une centaine d’années-lumière du soleil. Afin d’en savoir plus, l’autre Andromédien zoome sur la zone concernée. _ Vitesse supra-luminique… Pas de doute possible…. Vingt-huit individus… C’est sa famille ou sa tribu…. _ Il faut avertir Gaborone. _ Pas de soucis. Un communicateur s’active. _ Gaborone, ici Sven. _ Je t’écoute. _ La famille d’Izulelli arrive… Avertit tout le monde. _ Pas de problème… La communauté scientifique est en émoi. Certains soutiennent qu’une telle forme de vie est impossible…. _ Et bien qu’ils se rassurent, l’impossible est en route et à une vitesse phénoménale. L’Astronome, notre fleuron technologique, est une tortue à côté. _ A plus tard. La communication est rompue. La danse lumineuse des boules d’énergies reprend de plus belle. Cette fois-ci, elles s’intéressent au félinoïde. Le processus déjà observé continue avec grande rapidité. Les détails de la génétique viitians s’affichent blanc sur noir ainsi qu’une multitude de mots concernant leur civilisation. Une carte gigantesque de la Voie Lactée montre la position des quatorze mondes qu’ils habitent. Viitiana en accueille sept. Liitiana en héberge quatre alors que pour Wiitiana, il n’y en a que trois. Outre ses trois points volumineux, quelques autres de tailles modestes éclairent une vaste zone de la galaxie. Quelques vaisseaux explorent un secteur, situé à plus de deux mille années-lumière de leur système d’origine. Lassée, les sphères d’énergies changent de sujets d’études. Cette fois-ci, elles foncent sur le Grand Orateur de la Confédération Humaine. Son ADN danse devant lui, en moins d’une respiration. Des millions de signes permettent au lutin de mieux connaître ceux qui les ont secourus et les spécificités de leurs cultures. Comme précédemment, une carte dévoile la position des Terriens dans l’Univers. Deux points se démarquent des autres par leurs importances. _ Votre technologie est fiable ? _ Oui, elle est vieille de plusieurs millions d’années et, sans cesse, améliorée depuis…. Pourquoi ? _ Votre carte indique qu’il y a des Terriens, loin de notre galaxie. Je ne sais pas quelle distance, cela représente mais elle est phénoménale. Le Karthéens montre l’anomalie située dans une galaxie lointaine. _ Quel est cet endroit ? _ Si je ne me trompe pas, il s’agit d’une galaxie secondaire de l’amas de la Vierge _ Distance ? _ Une cinquantaine de millions d’années-lumière. Le Bantiniens zoome sur la zone correspondante. _ Lance une recherche de Kassim’ka…. Faut savoir si l’on a des installations dans le secteur. _ Pourquoi ? _ Il me semble qu’il n’y ait aucune forme de vies recensées dans cette galaxie. Immédiatement, une nouvelle mappe monde se superpose à celle déjà visible. Une multitude de carrés apparaissent dans la voie lactée, comme dans des milliers de concentrations stellaires. _ Il y a bien quelqu’un qui les vérifie ? _ Oui, je suppose. Le Géant utilise un dispositif quasiment invisible fixé sur son avant-bras. _ Bantinia… Ici, Aluur’. Je suis, en ce moment même, sous les glaces d’Europa, dans nos installations scientifiques…. _ Ça explique la hausse des besoins énergétiques de celles-là. Qu’est-ce qui se passe ? _ Il y a-t-il quelqu’un qui révise et répare nos installations ? _ Bien sûr, cinq vaisseaux avec un équipage de deux cent personnes sont dévolus à cette tâche…. Ils leurs faut près d’une année bantinienne pour une galaxie comme Andromède…. Et encore, il n’y a que les stations prioritaires qui sont réellement visités. Récemment, nous avons décidés de décupler nos efforts de maintenance vue le nombre de stations inopérantes. _ C’est ce qu’on voulait savoir…. On vient de voir que Densréa est en Black Out depuis une quinzaine d’années. _ On sait. Quelqu’un ira sur place, prochainement, pour voir de quoi il en retourne. Ce secteur est stratégique et nous l’avons que trop délaissés. _ Très bien… Autre chose, il y a des Terriens dans l’Amas de la Vierge. _ C’est impensable. _ Donc nos installations disent n’importe quoi ? _ C’est impensable. _ Donc on a un problème. _ Pas vraiment, en fait. Nos Kassim’kas sont prévus pour communiquer entre elles, pour relayer les infos et les stocker donc lorsqu’ils détectent une activité humaine, il y a une activité humaine. Où sont-ils ? _ Galaxie : Vayalura. Secteur : Viizluu’. Etoile : Lepivlozen. _ Pas étonnant que cela nous ait échappé. Il n’y a aucune vie dans toute la galaxie. On y a placée une trentaine de Kassim’kas, au cas où mais on ne pense pas à les utiliser. Comment avez-vous découvert cela ? _ En fait, nous sommes venues consulter les lumières pour identifier ce peuple de petits lutins que L’Astronome a secouru autour Alkina Reina Chai, Alpha du Centaure. _ Je vois. Cette base est l’une des plus puissantes que l’on ait jamais conçue, elle a donc pu se connecter à toutes ses sœurs encore actives…. Ceci résolu, reste encore une énigme…. Le Grand Orateur s’immisce dans le dialogue. _ Je crois pouvoir vous renseigner. Nous avons perdus, à l’été 2043, trois vaisseaux…. Vous vous souvenez ? _ Oui, j’en ai entendu parlé… Nous avions passés la galaxie au peigne fin, sans succès. _ Peut-être, ce sont-ils retrouvés, par accident, dans cette galaxie. _ L’Univers est plein de mystères, en effet. Nous avons eus aussi notre lot d’ennuis. En tout cas, vous aurez besoin de nous pour vous rendre, là-bas, et y revenir. _ On peut connaître l’état de leurs situations ? _ Sans problème. Le Géant d’Andromède pointe son index sur ce point lointain. Aussitôt, une foule de détails apparaît. _ Ils ont échoués sur une planète similaire à la Terre mais totalement dénuée de vie. Cette station est une œuvre monumentale… Etre capable de communiquer et de réactiver une base lointaine qui n’avait rien à observer, c’est phénoménal. Il triple la taille de la sphère jaune et bleue. Quelques points caractéristiques signalant une activité particulière attire l’attention. _ Génial. On les a. Ils sont huit cent répartis dans deux villages. Ils ont plantés une dizaine d’arbres… _ Nature ? _ Chênes, Pommiers et Poiriers… Ainsi qu’un saule pleureur. Cette dernière info fait sourire, tout le monde. _ Présence de serres indiquant une activité agricole…. Sans savoir pourquoi, le Terrien est parcourut de frissons puis quelques larmes s’écoulent sur son visage. Enfin, ils pourront retrouver l’expédition perdue. Pendant ce temps là, les boules énergétiques changent de centre d’intérêts, ce coup-ci elles se concentrent sur l’humanoïde de petite taille qui les accompagne. Celui-ci semble se crisper lorsque l’intelligence technologique pénètre son corps. Deux hélices d’ADN se mettent à danser à ses côtés. Etrangement, quelques unes de ces sphères se replongent dans les autres bipèdes présents. _ Que se passe t’il ? _ Je ne sais pas. Les molécules génétiques se placent les unes à côtés des autres. Une surprise de tailles les attend. _ Comment est-ce possible ? Même les Andromédiens semblent surpris par les données qui s’affichent sur cet humanoïde mystère. _ Je ne me rappelle pas avoir vu ce genre d’Acide Nucléique dans l’Encyclopédie du Vivant. Pourtant, je l’ai parcourue à de nombreuses reprises. _ L’adaptation du Vivant est phénoménale ne l’oublions pas. Maintenant, cette molécule est quatre fois plus petite que la normale…. Il va falloir que l’on jette un coup d’œil, là-dessus. _ D’où viennent-ils ? Une nouvelle fois, la Voie Lactée s’étale de toute sa longueur dans la salle. Un point rouge vif clignotant se matérialise, à trois cent années-lumière du Soleil. _ Dans le mille… Densréa. _ Appelons Bantinia, encore une fois. Des gestes, déjà réalisés, sont répétés puis une voix, déjà écoutée, se fait entendre. _ Je vous écoute ! _ Le Kassim’ka de Densréa doit être réparé dans les plus brefs délais… _ Nous le savons mais notre calendrier est déjà surchargé. _ Modifiez le…. Une de leurs civilisations a atteint le niveau spatial. Jusque là, silencieux, le lilliputien intervient en dévoilant enfin une petite voix aigue mais ferme. _ Je peux peut-être vous aider à ce sujet. _ Tiens… Tu nous comprends. _ En effet, cette installation est bien conçue et témoigne d’une haute maîtrise de la science, de la technologie et du comportement.… Où avez-vous cachez votre installation, dans notre système ? Le Géant fait apparaître la carte souhaitée avant de montrer une lune bleue tournant autour d’une planète gazeuse monumentale. _ Elle a été détruite lors d’une collision avec une des planètes errante que voici. Ils montrent huit corps rocheux plus imposants que la Terre. _ A l’heure actuelle, il n’y en a plus que sept. _ Comment avons-nous pu ne pas voir ? _ Je crois qu’une remobilisation s’impose. L’Andromédien montre une autre lune tournant autour d’une autre géante de gaz. _ Existe-t-elle, encore ? _ Bien sûr. _ Très bien. Nous avions conçu une autre base mais que l’on a jamais activée. Il n’y aura qu’à s’y rendre pour la mettre en action. Le Grand Orateur propose l’assistance de la Terre. _ Nous allons ramener nos hôtes donc nous en profiterons en même temps. _ Parfait. Dans combien de temps ? _ Ils décolleront dans deux jours. _ C’est entendu…. Quant à nous, nous allons provoquer une assemblée plénière extraordinaire afin de tirer nos objectifs au clair. Le Programme VookskiinStuu’, Œil Enfoui, doit être encore aujourd’hui, prioritaire. Au même moment, quelques Livaazu sortent de l’hyperespace, à quelques encablures d’Uranus. Ils filent vers un petit monde bleu et vert qui semble les appeler.
FIN 02/02/2010.
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Le Jeudi 11 Février 2010
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